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2 MONOGRAPHIE DES KHASSONKE Joute faut-il rattacher au même sentiment, l'alliance qu'il conclut avec le chef maure (i) d'Axiri en lui donnant sa tille Khoumba. Suivant les traditions des Khassonké, de cette union naquit un tils, Mahmadou, qui eut lui-même deux Hls, Bou Seydi, dont les descendants sont les Fal, chef des Maures du Séro, et Déya, père du fameux agitateur Mahmadou Lamine.

Par sa prudence politique. Demba Séga fut, en réalité, le véritable fondateur de l'empire du Khasso : les informateurs sont unanimes à le proclamer. Mais c'était là, à tout prendre, un empire chancelant, car il était entouré de voisins turbulents et audacieux, toujours prêts, comme lui-même, à faire un mauvais coup (2) ; pour les chefs du Khasso, la guerre était une nécessité non seulement pour se défendre, mais surtout pour pouvoir se répandre en largesses indispensables alin d'entretenir le loyalisme des clients, des familiers, des serviteurs dispendieux et avides.

Quoi qu'il en soit, par tous les moyens mis en œuvre, Demba Séga amassa une certaine fortune et, notamment, réunit un nombre assez considérable d'esclaves. A cette époque et jusqu'à ces dernières années, la puissance et la (1) Les Maures dont il est ici question sont des Oulad el Khouizi, fraction de la tribu arabe des Oulad Mbarek. lesquels sont des Makil. Nous assistons ainsi à la fusion avec l'cMément indigène d'un rameau de l'invasion arabe du onzième siècle.

Les Oulad el Rhouizi ont, par les métissages, tellement perdu l'aspect même de leurs ancêtres arabes qu'ils sont physiquement tout à fait semblables aux nègres qui les entourent. Un côté intéressant de cette fusion doit être signalé ici : les maures n'ont point de nom de famille pareils à ceux que certains indigènes, les Mandé, appellent le dyamou, or nous constatons que les Khouizi sont, par les indigènes qualifiés Fal qui devient leur dyamou ; d'un autre côté, par l'union avec les femmes indigènes, un de ces Fal a donné naissance à des Drame ; nous verrons encore qu'une branche de ces mêmes El ivhouizi prit pour chef un certain Amar Diko. Il y a là d'utiles indications pour l'histoire des dyamou.

Il convient en outre de remarquer comment, contrairement aux apparences parfois, les indigènes peuvent réellement prétendre se rattacher à un ancêtre arabe.

(2) Les Massa-si, sous le commandement de Seba-Mana, auraient attaqué Demba Séga et l'auraient battu à Dialakho, près et au nord-est de Kounyakari. (Trad., hist. et lég. du Soudan Occidental, Delakosse.)

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