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ticulièrement dans les escales que fréquentaient les com-
merçants européens. A ce métier, il avait acquis quelque
aisance parce qu'il était rémunéré à la fois par les gens qu'il
convoyait et par les traitants auxquels il conduisait des
clients. On affirme que, devenu fanhamala du Khasso, il
s'efforça de maintenir la plus grande liberté commerciale
dans toute la région sous son influence, et les traitants lui
payaient pour cela une redevance consistant, pourchacun,
en une pièce deguinée.
Poussé, comme ses prédécesseurs, par la nécessité de
trouver des pâturages, il s'avança vers le Nord-Est et con-
duisit ses troupeaux jusque dans la Dyafounon. En saison
sèche, il nomadisait sur les bords d'une mare située au
nord de l'emplacement de l'actuelle K.oun\akari et, pour
cela, payait un droit de pacage aux chefs locaux. iMais, les
troupeaux sont, par les dégâts qu'ils causent, une source
de discussions perpétuelles avec les agriculteurs : il advint
ainsi que Demba Séga et le chef de la. mare se querellèrent
jusqu'à en venir aux mains. Demba Séga fut vainqueur et
non seulement il considéra comme sienne désormais la
prairie où vaguaient ses troupeaux et ses gens, mais encore
exigea un tribut du vaincu A proximité de la région ainsi
occupée, il installa son campement, puis un village fixe
qui fut dénommé Kounyakari, à cause, dit-on, du bois de kounyé emplové pour la construction des cases.
Cet épisode montre, à vrai dire, tout le secret de la diplo-
matie qui permit aux Dyallo d'étendre leur autorité. Obligés
de faire front à tout moment aux contestations provoquées
par les déprédations de leurs troupeaux, ils avaient orga-
nisé une sorte de milice qui imposait par la force aux indi-
gènes des empiétements qu'ils n'auraient autrement jamais
admis. Au droit d'usage ainsi conquis, ils s'elTorçaient
d'ajouter des droits politiques qu'ils étendaient peu à peu au
gré des circonstances.
X'oici, par exemple, comment le Tomora devint tributaire