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->34 MONOGRAPHIE DES KMASSONKE solennellement. « Devant toute cette nombreuse assistance, en présence de tel et tel (noms des notabilités), un tel i parent ou ami) donne à une telle fille d'un tel, telle chose (nature, qualité, valeur). » Tous ces cadeaux seront donnés à la jeune fille lors de son mariage. Les présentations finies, Ton se sépare et c'est alors que commencent de véritables orgies {7iyara), chaque famille se faisant un point d'honneur d'héberger largement les parents et amis venus pour la cérémonie, et c'est pourquoi il n'est pas possible de procéder tous les ans à cette céré-monie, les movens du plus grand nombre n'y suffiraient pas. 11 est bien de tradition que les invités contribuent dans la mesure du possible, mais ce n'est là qu'un appoint insuffisant.

Aussi, advient-il souvent que, incapables de faire face aux dépenses considérables de la nyara, les familles procèdent à l'excision dans l'intimité, mais c'est là, à n'en pas douter, un accroc à la coutume, l'on ne s'y résout qu'à contrecœur et les jeunes gens ne s'y résignent pas volontiers. A bien saisir les détails, il semble que cette fête est, au moins par origine, un rite de passage, destiné à marquer l'époque de la puberté civile : le régime auquel les fillettes sont soumises en est une preuve et la présentation qui marque la fin de la cérémonie évoque comme une manière de renaissance.

En tout cas, désormais, chacun peut savoir qu'il y a.

dans telle famille, une fille à marier et se faire, par l'importance des cadeaux qui lui ont été donnés et qui lui appartiennent, une idée de sa qualité. La fillette se trouve grandie aux yeux de tous, c'est, malgré sa jeunesse, une petite femme et c'est pourquoi les fillettes sont si impatientes d'être excisées et, plus encore, désireuses que ce soitengrande pompe. De là une coutume touchante.

Il arrive que de pauvres gens n'ont pas le moyen de faire face aux frais qu'occasionnent de pareilles fêtes, alors leur

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