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232 MONO(iR.\PIlIE DES KHASSONKÉ ih-ombo ne lâche pas sa proie; ce sont les menus proHts du métier.

La toilette des Hllettes terminée, on reprend le chemin du village, chacun rentre chez soi.

L'après-midi est employée, dans la famille, à parer la jeune opérée : on lui met les bijoux les plus précieux dont les parentes et les amies se dépouillent pour elle, on la couvre même des vêtements les plus riches dont on dispose ou que l'on emprunte, on lui passe aussi un pantalon souvent en soie rouge pour une jambe et verte pour l'autre.

Vers le soir l'on réunit toutes les fillettes ainsi parées pour les promener processionnellement à travers la ville. A cet effet, chacune d'elles est placée à califourchon sur les épaules d'un grand gaillard; les parents, les amis et de nombreux musiciens font escorte. Au rvthme des batteries de tambours, elles virevoltent au-dessus de la foule en agitant des mouchoirs (genre madras) ou des écharpes de mousseline, telles de petites marionnettes. Des toutes petites filles — de quatre ou cinq ans — ont, elles aussi, été costumées et paradent de même. C'est une joie délirante qui coule à pleine rue.

De-ci, de-là, on fait halte, une place est dégagée, les fillettes sont mises sur leurs pieds et font montre de leurs talents chorégraphiques; les toutes petites figurantes ne sont pas les moins applaudies pour leurs manières prétentieuses et guindées. L'on parcourt ainsi la ville et les villages les plus proches, qui comptent quelques filles parmi les opérées. Et l'on rentre à la nuit tombante exténué, mais si content !

Enfin, a lieu la cérémonie finale, quelques jours après la purification, un vendredi de préférence. Dès le matin, les batteries de baringo convoquent les intéressés sur le bera : les notabilités sont présentes et une foule forme un cercle étendu dont les fillettes excisées occupent l'un des points. Des griots s'agitent au centre; le plus qualifié d'entre eux

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