Sudan Archive

Open the original scan

LA l-AiMILLK 23 I au tleuvc(i). L'on arri\o ainsi sur la grève, au lieu Jii Gadvola fréquenté par les lavandières à cause de l'eau claire et peu profonde non moins que pour les nombreux ei gros cailloux sur lesquels le linge peut sécher sans se salir.

Les parentes, les amies entrent dans l'eau, à la suite des lillettes, chacune de celles-ci s'asseoit sur une pierre émergeante et l'on procède à sa toilette. Tout d'abord, on la débarrasse de l'infect haillon qui emprisonne sa chevelure et l'on défait les nattes crasseuses ; puis l'on nettoie tout le corps, en commençant par les pieds. Le milieu du corps est toutefois réservé, le pagne sale continue à le dérober aux regards.

Pendant ce temps, le mama-dyombo diverxh les badauds.

Installé au milieu d'une place de sable fin, il se livre à des exercices d'acrobatie qui témoignent d'une rare souplesse.

Tout à coup, il s'interrompt et interpelle une fillette de l'assistance ; troublée, elle s'étend tout de son long devant lui, le haut du corps relevé sur les coudes. Il l'interroge pour savoir quel est son « bon ami», mais la fillette ne répond pas, elle joue avec les grains de sable, tandis qu'autour d'elle on se gausse de son attitude gênée et plus encore de son silence. Elle n'a donc pas de « bon ami » : vrai, en voilà une petite sotte ! Une amie vient à son aide, elle donne un de ses pagnes en gage au mama-dvombo et obtient ainsi de relever la fillette, qui s'en va toute confuse.

Depuis la veille, le mama-dyombo interroge airrsi les fillettes déjà excisées et chacune lui nomme bien vite « un bon ami » qui, s'il est présent, doit \erser un laiiima au niama-d-ombo pour obtenir qu'il laisse la jeune fille en paix ; CQ l'absence du « bon ami », un camarade, ou une personne quelconque, peut agir de même, sinon le niama-(i) Nous allons raconter la scène à laquelle nous avons assisté à Médine.

Text produced by OCR — report an error