Facsimile · p. 251
LA FAMILLE 22/ €t lui tranche le clitoris avec un mauvais couteau. Cela se passe à Tintérieur de la lu, en présence des femmes seules. L'hémorragie, peu abondante, d'ordinaire, est arrêtée à l'aide d'une application locale de cendres végétales.
Les opérées sont réunies dans une seule et même case où elles reçoivent les soins d'une vieille captive de case réputée pour ses connaissances médicales et, pour cela, qualifiées sema-muso : « savante », « doctoresse ». Pour le temps de réclusion qui leur est imposé, les excisées ont la chevelure enveloppée dans un morceau d'étoffe, enroulé en l'orme de calotte ; elles portent pour tout vêtement un pagne étroit qui cache à peine le milieu du corps; les ablutions leur sont interdites.
Durant les sept premiers jours, elles ne sortent que par nécessité absolue ; ultérieurement, quand elles vont au dehors, elles agitent une sorte d'appareil composé d'un bâ-ton sur lequel sont entilés des morceaux de calebasses: au bruit que font ces débris en s'entre-choquant, les passants doivent sécarter.
Le huitième jour, le mama-dyombo entre en scène. Ce personnage est un magicien qui a pour mission d'éloigner les esprits malins, de les découvrir et de les châtier. Ses pouvoirs sont exorbitants, car la personne qu'il accuse et convainc de sorcellerie est vouée à la mort la plus horrible, par les supplices.
Nul n'est à l'abri de ses accusations, mais il les dirige le plus souvent, sinon exclusi\ement, contre les femmes, surtout les vieilles, lesquelles sont facilement considérées comme les causes des malheurs dont elles sont cependant les premières à souffrir : mort, prématurée ou non, du mari ou des enfants, maladies incurables.
Le mama-dyombo est souvent un individu de la caste des forgerons, parfois aussi un captif de case. La science de ce métier s'acquiert peu à peu, par l'enseignement pratique, que l'élève soit le lils ou seulement l'ami de