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206 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ grossières employées par l'un des époux pour caractériser les organes sexuels des père et mère de son conjoint. Ce genre d'outrages excite toujours chez le Noir une fureur, qui le porte aux excès les plus extrêmes. C'est, évidemment, pourquoi, lorsque la jeune lille est conduite à son époux, les deux partis recommandent à l'un et à l'autre le respect des beaux-parents.
Adiilli've. — Nous avons dit ce qu'il faut penser du devoir de iidéiité : en principe, le mari et la femme le doivent également; en fait, il semble que seul l'adultère de la femme est répréhensible. C'est surtout le mari, en effet, qui argue de l'inconduite de sa femme et des conséquences graves qui en résultent pour lui, particulièrement au point de vue de la descendance; mais la femme ne manque pas, elle aussi, d'incriminer les écarts de son mari et de les donner comme une preuve qu'il ne l'affectionne pas, la mésestime.
Stérilité. — L'union conjugale ayant pour but la fondation d'une famille, la stérilité devrait être une cause certaine de divorce, puisqu'elle prouve que l'union ne remplit pas le but que l'on s'est proposé. En fait, la stérilité est considérée comme une maladie et, comme la plupart des maladies, on l'attribue aux esprits. La femme stérile s'épuise, habituellement, en pratiques de toutes sortes pour triompher de son mal : elle s'adresse au magicien qui lui prescrit des remèdes étranges et extravagants; au marabout, qui se borne à lui faire boire l'eau avec laquelle il a lavé de mystérieux versets écrits sur une planchette et, s'il lui naît un enfant, elle l'appelle Mori-ba : le grand marabout.
Elle se confie à la nature, un grand arbre l'attire, elle devine qu'il est la demeure d'un esprit puissant dont elle invoque la protection et, si sa prière est suivie d'un heureux résultat, elle appellera l'enfant Iri-ba : le grand arbre. Dans le Khasso, il est un lieu que les femmes stériles visitent pour devenir fécondes, c'est une montagne près de