O MONOGRAPHIE DKS KHASSONKE
je ne fais point état de ces transformations, je me borne à
décrire le milieu indigène dans son intégralité antérieure,
cela alin que l'on puisse mesurer les répercussions de
notre action ; arin, aussi, que Ton s'explique des appa-
rences aujourd'hui singulières, résultats obligés des faits
sociaux dont l'inexistence date à peine d'hier.
L'on a dit excellemment à propos de l'esclavage : «Tant
« que les natifs ne jouiront pas d'institutions tutélaires, ils
« ne seront pas réellement alïranchis et leur sort nes'amélio-
<s. rera pas d'une façon sensible. Mais de pareilles institutions
« ne s'improvisent pas; il faut au préalable connaître les
« mœurs, les coutumes, les traditions de la population (i). »
C'est l'expression, pour un cas particulier, de ce qu'il faut
faire pour l'ensemble de notre œuvre civilisatrice et que
l'on peut ainsi résumer : connaître le passé pour préparer
l'avenir.
Dans ce but, de très remarquables travaux ont déjà été
publiés (2) et d'autres, non moins importants, sont en pré-
paration (3) : je ne fais qu'apporter ici ma contribution à
ces recherches indispensables.
(1) Extrait d'une allocution de M. le Myre de Vilers. {L'Afrique libre, iv 14,
4' série, juin igiS).
(2) Haul-Sénégai et Niger {Soudan français). Séries d'études publiées sous la direction de M. le gouverneur Clozel.
(3) La Société antiesclavagiste de France, notamment, poursuit en Afrique depuis plusieurs années une enquête ethnographique très étendue.