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02 MONOOPAPHIE Df:S KHASSONK.E débauche : à peine une ondine avait-elle esquissé une danse qu'elle se roulait par terre, on la portait dans une case voisine, où allait bientôt la rejoindre son amant qui simulait pareillement une crise.
Cette déviation — conséquence du cosmopolitisme et de la dépravation dans les grands centres — ne nuisait pas au succès de la société, au contraire; mais les adeptes, pour donner plus d'autorité à leurs prédictions, s'efforçaient d'en amener la réalisation. Or, un jour, l'un d'eux annonça que le feu éclaterait à Kayes et il éclata en effet, seulement l'enquête ayant révélé que le feu avait été mis volontairement par certains adeptes, les poursuites exercées contre ceux-ci amenèrent la découverte de nombre d'autres méfaits de la société qui, bien entendu, se dispersa. Comme tout ce qui précède, ces faits, relatifs à la société des ondines, nous montrent sous son véritable aspect ce qu'est l'exercice de la médecine pour les indigènes : ce n'est, en somme, qu'une branche de cet arbre touffu et illimité qu'est la magie. Les maîtres en cet art (qui a surtout pour moyen l'utilisation de l'occulte) disposant de tout, puisent dans la nature les éléments dont ils ont besoin et les mettent, sous certaines conditions, à la disposition des non initiés : si leurs prescriptions sont transgressées, le moins qui puisse en résulter c'est l'inefficacité du philtre. Le remède, arme magique, n'est donc pas, originairement, à la portée de tout le monde ; les formalités auxquelles le magicien subordonne son emploi bénéfique ne sont d'ailleurs pas toujours vaines et le vulgaire, qui en fait l'expérience, étant incapable de discerner la cause du dommage que détermine leur transgression, n'en est que plus convaincu de la supériorité du magicien et conclut volontiers que les rites, imposés par lui, ne sont pas seulement nécessaires, mais qu'ils sont même indispensables, que c'est grâce à eux que le principe actif devient utile tandis qu'en leurabsence il demeure inerte ou devient nocif.