Facsimile · p. 167
LA VIK MATKKlKLLt: F.T MOKALE I47 qui animait l'arbre avait été habilement détourné pour ranimer le malade.
Au commencement de 1899 se déroulèrent à Lontou, près de Médine, des événements qui montrent par le menu comment s'établit le crime de sorcellerie et quelles en sont les conséquences.
A Lontou vivait une veuve, nommée AssaKouraSakiliba. Une des filles de cette femme, épouse d'un certain Founé-k-hé de Médine, étant enceinte, vint chez Assa pour ses couches: l'enfant naquit vivant mais mourut peu après et la jeune mère décéda quelques mois plus tard.
Assa, veuve de Kounkoun Madi Kanté, devint, sur ces entrefaites, l'épouse de Sadyo Kanté, frère de Kounkoun Madi. Kounkoun Madi et Sadyo avaient un frère, Mamadiba, père d'un garçon, m-Fali, et d'une fille, Diba, cette dernière avait été mariée à Madyo Khullé Kanté, père de Fa Birama, habitant de Kayes.
En 1898, m-Fali était, depuis deux ans environ, atteint d'une grave maladie, sorte de carie des os, qui mettait sa vie en danger. Sadyo, son oncle, pensa que tant de malheurs devaient proxenir d'une même cause et accusa délibérément Assa d'être sorcière. Suivant ses dires, cette femme avait « mangé» l'enfant et la femme de Founé-khé.
Or, vers le temps de la saison sèche passa à Lontou un Bambara du nom d'Insangué, habitant de Dinguiray, faisant profession de magicien. Insangué fut consulté sur le cas de m-Fali : par des pratiques géomantiques, il conclut à la culpabilité des gens du village et ordonna que toutes les familles allassent chercher des simples pour soigner m-Fali : « Je reviendrai dans huit jours, ajouia-t-il, et, si le malade ne va pas mieux, je dénoncerai les sorcières dont il est victime. » Quand il fut parti. Fa Birama et Diba mandèrent Amadi Mabo, indigène de Kayes, réputé pour décou\rir la vérité