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140 MONOGHAPJIIE DES KHASSONKl.

paternels, ei celui qui a pour titre le Vieillard et ses Enfants (i) semble une consécration de cette morale. Quant à la mère, c'est un lieu commun de dire que le noir a, pour celle qui lui a donné le jour, TalTection la plus profonde et la plus sincère qu'il soit capable d'éprouver.

Les récits indigènes nous montrent encore, et ici avec une intensité et une insistance particulières, l'importance du monde des esprits; ce n'est pas sous une inspiration poétique que les conteurs animent ainsi la nature entière, il ne s'agit pas d'une fiction : réellement, pour le noir, la nature est ainsi, c'est le fond même de sa croyance. Nous y reviendrons.

'Voici enfin quelques aphorismes pour montrer quelques aspects de la psychologie indigène : La pauvreté n'est pas un mal, la mort est un mal et ce qui est un bien, c'est la fortune, car ce n'est pas Veau qui donne du lustre à la personne, c'est la richesse. D'ailleurs pauvreté, richesse, quoi qu'il nous arrive nous n'y pouvons rien: alors, pourquoi se hâter: inutile de te presser, tu auras ta part. Tout de même, la vie est pleine d'embûches et il faut se méfier des gens qui nous veulent du mal, car le caractère que tu n'as pas, ton ennemi te le prêtes, et l'on est entouré d'hypocrites contre lesquels il est bon de se tenir en garde : Vennenii faible se donne pour ami, afin de mieux nous séduire et nous frapper.

Quelquefois, il y a des indices auxquels l'on peut reconnaître comment on doit se comporter à l'égard d'autrui, ainsi : quand une première bonté a été méconnue, inutile de la renouveler et lorsque quelqu'un évite le village, c'est qu'il n'a pas la conscience tranquille. Cependant, il ne faut pas oublier que l'acte n'est pas toujours l'exact reflet de la pensée ; bien souvent, en eiTct, ce que l'on pense on ne le fait pas.

(1) Pour l'influence de l'islam sur la littérature indigène voir le titre V du présent livre.

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