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LA VIE MATÉRIELLE ET MORALE 123 L'or ne servait pas aux transactions courantes. On l'acquérait pour constituer un fonds de réserve et, en raison de l'insécurité relative, cet or était transformé en bijoux dont un ne se séparait jamais. Aujourd'hui encore, lors du décès du maître, les femmes sont dépouillées des bijoux de prix que l'on considère comme tombant dans la succession, à elles de faire la preuve du contraire.

L'argent monnayé n'a pas eu, pendant longtemps, d'autre destination que l'or; toutefois, il était admis que, transformé en bijoux, il perdait la moitié de sa valeur moné-taire; on l'appelait pour cela de 1' « argent mort ». Depuis que l'occupation française s'est implantée dans le pays, l'argent monnayé est employé avant tout aux transactions; pourtant, un assez gros stock, d'écus est encore transformé par les orfèvres indigènes, en bracelets surtout. Quant aux cauris, en usage sur le Niger, ils sont en très petite quantité dans le Khasso et ne servent pas de monnaie.

Pour l'échange individuel, ou de peu d'importance, il était facile d'aboutir à une entente sur les choses qui seraient données en retour de celles reçues. Les transactions plus importantes se traitaient souvent à jour fixe sur des marchés déterminés: marchands et clients savaient par habitude ce qu'ils pouvaient échanger sur ces places et l'y apportaient.

Enfin, il existait des centres plus particulièrement organisés pour la vente quotidienne de toutes sortes de marchandises. Médine futainsi, pendant de longues années, une place commerciale de premier ordre au point de vue indigène.

En 1824, les négociants de Saint-Louis formèrent une société anonyme et privilégiée seulement de janvier à août de chaque année. Elle fut depuis lors dissoute et réorgani-

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