^ MONOGRAPHIE DES KHASSONKK
mérations d'Alinkané, Komontara et Koussané. Là vivaient,
cote à côte, des Bambara, des Sénoufo, des Ouassoulounké,
des iMinvanka... c'est-à-dire quelques-unes des innom-
brables victimes des guerres des Samory, Thiéba, Babemba,
et autres pillards soudanais.
Comme on le voit par cet aperçu, les sujets d'étude ne manquaient pas, mais les loisirs pour poursuivre des inves-
tigations minutieuses faisaient défaut.
D'ailleurs, ce n'est pas tout que d'avoir un sujet d'étude,
dans un pavs où tout est si ditTérent de ce que nous sommes accoutumés à voir et à entendre, il ne suffit pas
de regarder et d'écouter, car l'on court le risque de ne rien comprendre à ce dont on est spectateur ou auditeur. Quand on est nouveau dans un pareil milieu, il est indispensable
d'avoir un ou des initiateurs appartenant à ce milieu même
et le connaissant bien. A cet égard, je fus bien servi à Médine. Sadyo Sambala,
qui était le chef de la ville, a été élevé à l'Ecole des Otages de
Saint-Louis; son neveu Sambala, qui était secrétaire au
poste, sort de l'Ecole des F"ils de Chefs de Kayes ; Tinterprète Souleyman Goundvamou, qui me fut donné comme inter-
prète, est fils d'une Dyallodu Khasso; depuis son enfance il
est au service des Français et a fait partie notamment de la
mission Hourst : tous trois parlent et comprennent bien le
français et sont des Khassonké très au courant de tout ce
qui touche au Khasso (i). Ce furent pour moi des initiateurs précieux, mais je ne me
suis pas borné aux seules informations venues d'euxet celles
même qu'ils m'ont fournies, je n'ai cessé de lescontrôler. No- tamment, à cette époque, les administrateurs intervenaient personnellement dans l'administration de la justice et j'ai eu de la sorte à connaître de cas fort divers : c'est à cette école pratique que j'ai le mieux approfondi lescoutumes indigènes.
(i) Depuis 1905 Sadyo Sambala est chef du Kliasso.