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I 10 MONOGRAPHIE DES KHASSONKE gées de fils de trame, parfois de couleurs différentes, selon que l'exige la nature du dessin.
La toile confectionnée est, au fur et à mesure, enroulée sur une manière de treuil que TouNTier a juste au-devant de lui. Les lès obtenus ont une largeur variant entre lo et i5 centimètres: Ton en coud un certain nombre côte à côte pour obtenir la largeur d'étoffe que l'on désire.
Couture et broderie. — C'est avec les étoffes ainsi constituées que les indigènes confectionnent leurs vêtements.
En principe, ce que nous appelons un pagne est une pièce d'étoffe obtenue avec dix coudées de toile et que les Khassonké dénomment tamma. Lorsque, autrefois, les évaluations étaient faites en toile du pays, le tamma servait d'unité, et, comme lors de l'introduction de la monnaie française sa valeur se trouva être d'un franc, cette pièce de monnaie fut dénommée tamma par des indigènes du Khasso.
C'est au couturier qu'incombe le plus souvent le soin de juxtaposer les bandes, de les coudre et, ensuite, d'utiliser l'étoffe pour fabriquer doroge et Ai/r//, pagnes petits et grands. Mais l'on ne s'adresse pas obligatoirement à un professionnel et bien des indigènes confectionnent eux-mêmes leurs vêtements.
Par contre, bien peu peuvent se llatter de pou\oir les orner de broderies. Cependant, à bien examiner les choses, ce métier de brodeur n'est pas aussi difficile qu'il semble au premier abord : il consiste essentiellement à reproduire, à l'aide d'une aiguille etde soie,des dessins en somme toujours les mêmes, disposés aux mêmes endroits du doroge; seuls les entre-deux exigent plus de savoir-faire, mais la façonen est également uniforme.
Quoi qu'il en soit, les doroge brodés sont très recherchés et souvent très coûteux. Les petits bonnets que portent les hommes sont, eux aussi, ornés de broderies à l'aiguille, mais avec du coton, soit blanc soit bleu.
Teinture et coloration. — La teinture est pratiquée