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102 MONOGRAPHIE DES KHASSONKE Les animaux domestiques, quels qu'ils soient, ne sont pas utilisés pour les travaux agricoles. D'autre part, les cultures ne sont point pratiquées en commun par tous les habitants d'un même village, par exemple, comme cela se passe en certains lieux du Soudan. Lors de la création du village, les terres arables sont réparties entre les fondateurs du \illage et c'est à eux qu'il appartient de les exploiter: ils s'y emploient a\'ec leurs gens et quelquefois avec l'aide de mercenaires.
Pour établir un champ nouveau, la première opération consiste à mettre le feu pour détruire la brousse qui le couvre; c'est d'ailleurs, là, le moyen employé tous les ans, à la fin de la saison sèche, pour détruire la végétation de l'hivernage précédent afin de dégager les pistes qui servent de voies de communication et, aussi, de débarrasser la campagne du repaire naturel de nombre de bêtes et bes tioles, lesquelles périssent souvent dans cet incendie.
Malheureusement, il n'y a pas que les choses gênantes ou nuisibles — ou prétendues telles — qui disparaissent; bien des essences végétales sont irrémédiablement atteintes ou détruites; d'autant plus que rien ne limite le champ de dévastation du feu. Quoi qu'il en soit, après cette opération, il ne reste d'ordinaire que les gros arbres, et le sol bénéficie des cendres de tout ce qui a brûlé ; l'on procède alors à l'arrachage des fortes racines et, dès les premières pluies, en juillet, l'on défonce le terrain.
Pour les terrains déjà aménagés, l'on procède à peu près de même; à la fin de l'été, les herbes ou broussailles desséchées sont réunies en petits tas et incinérées; aux premières pluies, l'on donne une première façon et les cendres sont incorporées au sol ; l'on casse les grosses mottes souvent à l'aide de la partie renflée du manche de la houe, ou simplement avec un fort rondin ; l'on ameublit la surface et tout est prêt pour le difficile et délicat travail des semailles.