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2 MONOGBAPHir-: DES RHASSONKE

à l'hôpital. J'acceptai. Le 29 mars, Al. le lieutenant D..,

épuisé parun séjour prolongé, succonibaità la typho-malaria.

A la suite de ce décès, je fus maintenu dans mes nouvelles

fonctions et, plus jamais, l'on ne fit même allusion au

questionnaire dont j'avais été charité de préparer la réponse.

Cependant ce travail m'intéressait beaucoup et je m'ap-

pliquai à en poursui\re la réalisation. Mon désir fut parti-

culièrement favorisé. iMédine était, à cette époque, la mé-

tropole commerciale du Soudan occidental : les gens des

tribus les plus lointaines et les plus di\erses y venaient

pour affaire, depuis les Wolofdu Sénégal, à l'ouest, jusqu'aux

Haoussa, à l'est ;depuis les Maures des confins marocains, au

nord, jusqu'aux nègres voisins de la forêt équatoriale, au

sud. Et, chaque matin, au visa des patentes, je voyais

défiler tous ces commerçants qui colportaient, avec les pro-

duits du pays, les nouvelles apprises tout le long des routes.

Le commerce local était très important car, à Médine,

l'on traitait la gomme sur une grande échelle et aussi l'ara-

chide, les céréales, le caoutchouc, l'or du Bambouc et du

Bouré. Trois blancs y représentaient des grosses maisons

européennes, un marocain opérait pour son propre compte, mais ce qui était surtout caractéristique c'était le chiffre

d'affaires considérable des traitants wolof de Saint-Louis. Parmi-ceux-ci, Birahim Guéye achetait de 5oo à 600 tonnes de gomme et faisait pour plus d'un million d'affaires, quatre

autres traitaient pour plusieurs centaines de mille francs.

Le commandant de Médine avait sous son autorité im- médiate l'agglomération composée de : Médine proprement

dit, c'est-à-dire la partie comprenant le poste et le quartier wolof; Karoga, quartier des autochtones et des Khassonké, Dinguira-bougou, Kofoulabé, Koussané, Komontara et Alinkané et le village de Liberté; en somme la ville et ses dépendances (i), soit deux ou trois kilomètres le long du

(1) Le quartier de KLaroga tire, sans nul doute, son nom des Karo (au singulier K.aré) qui l'habitaient et je pense que ces soninkc étaient les au-

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