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62 l'usage de sortir par un seul endroit ou par plusieurs ?" demanda Alexandre. — »Par un seul." — »Indiquez moi done le lieu." — Ils l'y conduisirent, en apportant en même temps les deux taureaux qu'ils placèrent au lieu ordinaire; aussitôt le monstre s'avanga semblable à un nuage noir; ses yeux étaient étincelants comme des éclairs et sa gueule vomissait des 54 flammes; il dévora les taureaux et disparut. Alexandre ayant fait placer, le lendemain et le jour suivant, pas autre chose que deux veux auprès de sa caverne, pour lui causer une faim extraordinaire, ordonna aux insulaires de prendre deux taureaux, de les écorcher et de remplir leurs peaux d'un mélange de résine, de soufre, de chaux et d'arsénic, et de les exposer à l'endroit indiqué. Le dragon sortit de sa retraite, comme de coutume, et dévora cette nouvelle proie; quelques instants après, se sentant empoisonné par cette composition, où l'on avait, d'ailleurs, eu soin de mettre aussi des crochets en fer, il faisait tous les efforts imaginables pour la vomir, mais les crochets s'étant embarrassés dans son gosier, il se renversa la gueule béante pour reprendre haleine. Alors, conformément aux dispositions faites par Alexandre, on fit rougir des morceaux de fer et, les ayant placés sur des plaques du même mé-tal, on les lança dans la gueule du monstre; la composition s'enffamma dans ses entrailles et il expira. C'est ainsi que Dieu fit cesser le fléau qui affligeait les habitants de cette île; ils en remercièrent Alexandre, lui témoignèrent une grande affection et lui offrirent des pré-sents consistant en diverses curiosités de leur île; ils lui donnèrent, entre autres choses, un petit animal qui ressemblait à un lièvre, mais dont le poil était d'un jaune brillant comme de l'or; cet animal, appelé bagradj, porte une corne noire et fait fuir par sa seule présence tous les animaux, même les lions et d'autres bêtes féroces, et les oiseaux.

Dans la même mer se trouve l'île de Calhân, dont les habitants sont de forme humaine, mais portent des têtes d'animaux; ils plongent dans la mer, en retirent les animaux dont ils ont pu se saisir et s'en nour-

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