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104 Tâmadfous est un beau port auprès d'une ville petite et ruinée. Les murs d'enceinte sont presque entièrement renversés, la population peu nombreuse; on dit que c'était autrefois une très grande ville et on y voit encore les restes d'anciennes constructions, de temples et de colonnes en pierre. De Tâmadfous à Marsâ 'd-Daddâdj (Port aux poules), 20 milles. Cette ville est d'une étendue considérable et entourée de fortifications; la population y est peu nombreuse; souvent même, pendant l'été, la plupart des habitants prennent la fuite et se retirent dans l'intérieur des terres, afin d'éviter les attaques des troupes ennemies qui débarquent sur la côte. Il y a un bon port. Le froment réussit à merveille dans ses environs ; les viandes et les fruits y sont excellents et à bon marché; le pays produit surtout beaucoup de figues et l'on exporte au 90 loin des cabas remplis de ces fruits, soit secs, soit en pâtes (toub). La ville est célèbre pour cette raison. De Marsâ 'd-Daddâdj à la ville de Tadallis (Dellis), 24 milles. Tadallis, située sur une hauteur, est entourée d'une forte muraille. Le pays environnant est fertile et présente un aspect riant par les maisons de plaisance des habitants. Tous les objets de consommation y sont abondants et à bas prix; le nombre des bœufs et des brebis qu'on y élève est tellement grand, qu'on les vend à très bon marché et qu'on en exporte une quantité considérable dans les pays voisins. De Tadallis à la ville de Bougie (Bidjâya), on compte, par terre, 70 milles, et par mer 90. Bougie, située près de la mer, sur des rochers escarpés, est abritée, au nord, par une montagne dite Masioun, très élevée, d'un difficile accès et dont les flancs sont couverts de plantes utiles en médecine, telles que l'arbre du hodhad (suc du lycium), le scolopendre, le berberis, la grande centaurée, l'aristolochia, le costus (?), l'absinthe et

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