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126 curer à bon compte. On y pêche beaucoup de grand et d'excellent poisson ; la pêche a lieu généralement au moyen de filets disposés avec art dans les eaux mortes. La principale production du pays consiste en olives, on y gagne une quantité d'huile comme nulle part ailleurs. Le port est beau et tranquille (l'eau en est morte); en somme, c'est un des lieux les plus considérables ; les habitants sont fiers et hautains. Cette ville fut prise par le grand roi Roger en 545 de l'Hégire (1148 de J. C.); bien qu'elle soit encore très peuplée, sa prospérité n'est plus ce qu'elle était autrefois.
De Sfax à al-Mahdiya, on compte 2 journées. Cette dernière ville, où réside un gouverneur de la part du grand roi Roger, offre un port des plus fréquentés par les navires marchands ¹) venant de l'orient et de l'occident, de l'Espagne, de l'empire Byzantin et d'autres contrées. On y apportait autrefois des marchandises en 108 quantité et pour des sommes immenses. A l'époque présente le commerce y a diminué. Al-Mahdiya était le port et l'entrepôt d'al-Cairawân ; elle fut fondée sur les bords de la mer par al-Mahdi Obaidollah qui lui donna son nom. Pour s'y rendre de Sfax, on va premièrement à Raccàda du Caira-wân et puis de Raccàda à al-Mahdiya. La distance entre elle et al-Cairawân est de 2 journées.
Al-Mahdiya était autrefois extrêmement fréquentée par les voyageurs; on y apportait de tout côté une grande variété de marchandises, car on était sûr d'y trouver des chalands, et ses habitants jouissaient d'une bonne réputation chez tout le monde ; les constructions en sont belles, les maisons nettes et élégantes, les lieux de plaisance jolis, les les caravansérais nombreux, enfin la ville offre au dehors et au dedans un coup d'œil d'autant plus ravissant que ses ha-1) La leçon des quatre manuscrits est السَّفَنُ الحَجَارِيَّة par les navires du Hedjaz. Je crois qu'il faut corriger الحَجَارِيَّة «vaisseaux de transport.»