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159 Entre Tunis et al-Cairawân est la montagne dite de Zagbawân, qui est très haute, et qui, par ce motif, est prise par les vaisseaux en pleine mer pour point de reconnaissance. Les flancs de cette montagne sont très bien arrosés, fertiles et couverts de pâturages et de champs ensemencés. En divers endroits on y rencontre des hermitages de religieux musulmans. Il en est de même de la montagne de Wâsalât ¹), dont la longueur est de 2 journées de marche, qui est distante de Tunis de 2 journées et d'al-Cairawân de 15 milles. On y trouve de l'eau courante et beaucoup de champs cultivés. Il y a divers forts, tels que Higno'-l-Djouzat, Hign Tifàf, Hign o'-Caitana, Dâr Ismaïl, Dâro'ddauwâb. Toute cette contrée est peuplée de tribus berbères qui y élé-vent des troupeaux de bœufs, de moutons, des mulets et des juments. Quant aux Arabes, ils dominent dans les plaines.

Il nous reste à indiquer les routes fréquentées entre ces villes : nous allons commencer par celle qui conduit d'al-Cairawân à Tàhart. On se rend d'al-Cairawân à al-Djohaniin, village, 1 journée. De là à Sabiba ²), ville ancienne, bien allosée, environnée de jardins, entourée d'un mur solidement construit en pierres, avec un faubourg où sont les bazars et les caravanserais, 1 journée. Les eaux qu'on boit à Sabiba proviennent d'une grande source, et servent aussi à l'irrigation des jardins, des vergers et à celle des champs où l'on cultive du cumin, du carvi et des légumes. De Sabiba à Marmâdjanna, village des Houwâra, 1 journée. De là à Maddjùna, ville dont nous avons déjà parlé, 1 journée. Puis à Miskiâna, bourg ancien, très peuplé, 1 journée. Miskiâna est plus grand que Marmadjanna, son territoire est bien arrosé et bien 1) J'ai fait imprimer mal à propos dans le texte la leçon des man. B. et C. Wâsalat. Comp. Aboullieda, p. IIv. 2) Le man. D. ajoute un autre nom de ville que je n'ai pas rencontré ailleurs.

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