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152 128 est de 15 milles. De cette extrémité de l'île à la terre ferme, on compte 20 milles. Le nom qu'on a donné à ce côté le plus court de l'île est Râs Carin, le côté (occidental) de beaucoup plus large, se nomme Antîdjân.
Du côté de l'est, cette île est voisine de celle de Zizou ¹), qui est très petite, mais fertile en dattes et en raisins. On compte environ 1 mille de distance entre la terre ferme et l'île de Zizou. Elle est située vis-à-vis de Caqr Bani Khattab. Les habitants de cette île (comme ceux de Djarba) sont des musulmans schismatiques de la secte dite Wahbiya; ceux des forts et châteaux voisins de ces deux îles 'ppartiennent à la même secte. Ils pensent que leurs vêtements seraient souillés par le contact de ceux d'un étranger; ils ne lui prennent pas la main, ne dînent pas avec lui et ne mangeront rien dans sa vaisselle, s'ils ne sont pas bien sùis qu'elle est réservée pour eux seuls; les hommes et les femmes se purifient tous les matins; ils font des ablutions avant chaque prière, d'abord avec de l'eau, ensuite avec du sable. Si un voyageur étranger s'avise de tirer de l'eau de leurs puits pour boire, ils le chassent et s'empressent de mettre à sec ce puits devenu impur. Les vêtements des hommes impurs ne doivent pas être mis en contact avec ceux des hommes qui sont purs, et vice versâ, ils sont néanmoins très hospitaliers; ils invitent les étrangers à des repas et les traitent bien. Ils respectent les propriétés des personnes qui viennent se fixer chez eux et sont justes à leur égard.
Du bout de l'île de Djarba, nommé Antîdjân, à Cacîro 'l-Bait (Baito 'l-Cacîr), on compte 90 milles, et au pont ²) de Carkina, 62 milles. Revenons maintenant au cap d'al-Djorf, dont nous avons déjà parlé.
¹ ) Le man. G. porte Zîrou, leçon adoptée par Hartman et Jaubert. Le premier considère le ! final ajouté dans B. comme le signe de la voyelle à et prononce Zîrwa, (p. 290). Comp. Barth, Wanderungen, p. 268. ²) Le pont qui lie cette ile à celle de Kerkinîtis. Comp. Mannert, X 2, p. 155.