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172 toutes sortes comestibles, de boissons et de beaux habits. Les habitants jouissent d'une grande prospérité et se distinguent par l'élégance et la douceur de leurs manières. La ville est de tous côtés entourée de vergers, de jardins, de plantations de dattiers et de cannes à sucre, arrosés par les eaux du Nil qui fertilisent le pays depuis Syène jusqu'à Alexandrie. L'inondation et le séjour des eaux sur les terres du Rif ont lieu depuis le commencement des chaleurs jusqu'à l'automne; alors les eaux s'écoulent; on ensemence les champs, et l'on n'a plus besoin de les arroser. Il ne tombe en Égypte ni pluie ni neige ¹); à l'exception du Faiyoum, il n'y a point dans ce pays de ville où l'on voit de l'eau courante qui reste sans emploi.
Le Nil coule, en général, vers le nord, et la largeur des terrains cultivés sur ses rives est, depuis Syène jusqu'à al-Fostat, entre 1 demi journée et 1 journée. Au-dessous d'al-Fostat, cet espace s'agrandit, et cette largeur, depuis Alexandrie jusqu'au Hauf ²), qui s'étend du côté de la mer de Colzom, est d'environ 8 journées. Sur les rives du Nil rien 144 n'est stérile ou désert; on n'y voit que jardins, vergers, villes, villages, population et commerce. La longueur du fleuve depuis ses sources jusqu'à ses embouchures est, s'il faut en croire divers auteurs, de 5634 milles. D'après l'auteur du Kitâbo'l-Khizâna, la longueur de son cours est de 4595 milles ³). Quant à sa largeur (moyenne), elle est, en Nubie et en Abyssinie, de moins de 5 milles, et en Égypte, de deux tiers d'un mille.
¹) Le man. C. ajoute; « c'est-à-dire, il n'en tombe que très rarement dans la Haute-Égypte et seulement au temps de l'hiver; quant aux lieux de la Basse-Égypte, comme Rachid (Rosette) et Damiette, il y pleut souvent, tout comme en Syrie et en Asie Mineure. » ²) Dans le texte il faut lire الجرف au lieu de الحرف ; voyez Quatremère dans le Journal des savants de 1843, p. 475.
³) Dans la 4me section du premier climat, Edrisi affirme au contraire que Codâma évalue la longueur à 5634 milles. Voyez ci-dessus, p. 19. Macrisi, I, p. of, dit que le cours du Nil s'étend sur 748 parasanges. Quant à la largeur du fleuve, nous avons vu plus haut que l'auteur du Livre des merveilles l'évalue à un mille en Nubie, et au tiers d'un mille vis-à-vis de Misr.