Facsimile · p. 422
216 considérable mais bien peuplée, ceinte d’une muraille en pierres, pourvue de bazars où l'on fait le négoce, et où l'on exerce divers métiers. Près de la ville est l'ile de Chaltich, qui est entourée de tous côtés par la mer. Du côté de l'ouest, elle touche presque au continent, le 179 bras de mer qui l'en sépare n'étant large que d'un demi jet de pierre; c'est par ce bras de mer qu'on transporte l'eau nécessaire à la consommation des habitants. Cette île a un peu plus d'un mille de long, et la ville est située du côté du midi. Là est un bras de mer qui coincide avec l'embouchure de la rivière de Niébla, et qui s'élargit au point d'embrasser plus d'un mille. Les vaisseaux le remontent sans cesse jusqu'au lieu où il se rétrécit et n'a plus que la largeur de la rivière, c'est-à-dire la moitié d'un jet de pierre ¹). La rivière se jette dans la mer au pied d'une montagne au-dessus de laquelle est la ville d'Huelba, et de là la route conduit à Niébla.
Quant à la ville de Chaltich, elle n'est point entourée de murailles, ni même d'une clôture. Toutefois les maisons y sont contiguës; il y a un marché. On y travaille le fer, sorte d'industrie à laquelle on ré-pagne ailleurs de se livrer parce que le fer est d'un travail difficile, mais qui est très-commune dans les ports de mer, dans les lieux où mouillent les grands et lourds bâtimens de transport. Les Madjous ² ) se sont emparés à plusieurs reprises de cette île; et les habitants, chaque fois qu'ils entendaient dire que les Madjous revenaient, s'empressaient de prendre la fuite et de quitter l'île. De la ville de Chaltich à la presqu'île de Cadix on compte 100 milles. De Cadix à Tarifa, 63 milles. De l'île de Chaltich en suivant la côte vers le nord ³ ) au château de Castella (Cacella), sur les bords de la mer, 18 milles.
1) Jaubert prétend à tort que ce passage manque dans le man. A. 2) C'est-à-dire, les Normands ; comparez mes Recherches, II, p. 337. 3) L'auteur aurait dû dire vers l'ouest.