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225 les fit voguer durant quelque temps sur la mer. »Nous courâmes,” disent-ils, »environ trois jours et trois nuits, et nous atteignîmes ensuite une terre où l'on nous débarqua les mains liées derrière le dos, sur un rivage où nous fûmes abandonnés. Nous y restâmes jusqu'au lever du soleil, dans le plus triste état, à cause des liens qui nous serraient fortement et nous incommodaient beaucoup ; enfin ayant entendu du bruit et des voix humaines, nous nous mîmes tous à pousser des cris. Alors quelques habitants de la contrée vinrent à nous, et nous ayant trouvés dans une situation si misérable, nous délièrent et nous adressèrent diverses questions auxquelles nous répondîmes par le récit de notre aventure. C'étaient des Berbères. L'un d'entre eux nous dit : »Savez-vous quelle est la distance qui vous sépare de votre pays?» Et sur notre réponse négative, il ajouta : »Entre le point où vous vous trouvez et votre patrie il y a deux mois de chemin.“ Le chef des aventuriers dit alors : wa asafi (hélas) ; voilà pourquoi le nom de ce lieu est encore aujourd'hui Asafi. C'est le port dont nous avons déjà parlé comme étant à l'extrémité de l'occident ¹). De Lisbonne, en suivant les bords du fleuve et en se dirigeant vers l'orient, jusqu'à Santarem, on compte 80 milles. On peut s'y rendre à volonté par terre ou par eau. Dans l'intervalle est la plaine de Ba- 186 lata. Les habitants de Lisbonne et la plupart de ceux du Gharb disent que le blé qu'on y sème ne reste pas en terre plus de quarante jours, et qu'il peut être moissonné au bout de ce temps. Ils ajoutent qu'une mesure en rapporte cent, plus ou moins.

Santarem est une ville bâtie sur une montagne très-haute. Du côté du midi se trouve un grand précipice. Cette ville n'a point de murailles, mais au pied de la montagne est un faubourg bâti sur le bord du fleuve (du Tage); on y boit de l'eau de source et de l'eau du fleuve. ---1) Voyez sur ce recit, entre le livre de M. d'Avezac, déjà c'n plus haut (p. 63), M. Renaud dans sa traduction d'Aboulleda, p. 264. ddd

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