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ET LA CAISSE DE LA DETTE ÉGYPTIENNE 5i3 nous n’en devons pas moins envisager virilement la siti.iativon et reconnaître, de bonne grâce, ce qui a été accompli Nous ne songeons pas à débarquer aujourd’hui, à Alexandrie, les troupes que nous en avons éloignées il y a 21 ans. Mais nous n’avons jamais cessé de collaborer à la gestion financière de l’Egypte et nous demandons, dans l’intérêt général, que rien ne soit changé à une organisation qui a fait ses preuves. La question de la Caisse de la Dette n’est plus une question francoanglaise, c’est une question européenne. L’Europe a le plus grand intérêt à ce que l’ordre financier continue à régner aux bords du Nil. Elle a, par son silence, approuvé l’intervention de la Grande-Bretagne en 1882, mais elle n’a jamais abdiqué ses droits de contrôle économique. Est-ce lorsque l'Angleterre elle-même traverse une crise financière et budgétaire dont nous avons récemment donné une idée (1), au moment où elle a augmenté sa Dette de plusieurs milliards de francs et sur¬ chargé ses propres contribuables d’impôts, qu’il convient de lui abandonner la direction exclusive des finances égyptien¬ nes ? Nous ne le pensons pas, et nous sommes convaincu que telle est l’opinion du ministre expérimenté qui gère, depuis plusieurs années, notre département des Affaires étrangères. Ce n’est pas, à l’heure où les pays musulmans donnent de si cruels soucis à l’humanité, où la Turquie joue si habilement de la diplomatie pour échapper à la pression des grandes puissances, dont elle sait opposer les unes aux autres, qu d faudrait briser un instrument qui tire sa principale force de l’union de ces mêmes puissances ; union financière, soit, mais union féconde et dont la rupture serait un malheur pour l’Egypte et pour l’Europe. Si, d’ailleurs, par impossible, nous songions à le faire, si, en échange d’avantages illusoires ou de concessions sans portée, nous prétendions abandonner notre situation en Egypte, d’autres puissances, mieux avisées, refuseraient, sans doute, de nous suivre dans cette voie et veilleraient au maintien des institutions internationales qui ont été si heureusement organisées au Caire, et dont la plus in¬ dispensable est la Caisse de la Dette.

Raphaël-Georges Lévy.

(1) Voir nevue des Beux-Mondes du 1® septembre 1903: Déficits et excé¬ dents des budgets européens, par Raphaël-Georges Levy.

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