Facsimile · p. 71
66 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE, reste d'activité volcanique ; ilest rare que des tremblements du sol aient été ressentis.
D'une extrémité à l'autre, l'ile est dominée par une haute chaîne dorsale s'élargissant çà et là en plateaux, puis S'amineissant et se tailladant en sierre, Des chaînons latéraux se détachent de l'épine médiane, et, séparés les uns des autres par de profondes barranques, vont se terminer à la mer en abrupts promontoires, falaises de basaltes columnaires et de tufs multicolores, bruns, rouges et jaunes, du plus étrange effet. Vers le milieu de la côte méridionale, la cime du cap Giräo atteint 640 mètres à moins de 800 mètres de la mer. La crête générale de l'île est beaucoup plus rapprochée de la rive du nord, et par conséquent le versant est de ce côté beaucoup plus rapide; l'aspect général de li nature est plus sauvage, les promontoires plus âpres, les pointes du littoral plus aiguës, sans se recourber toutefois de manière à former des ports naturels : l'île de Madère n’en offre pas un seul où, par tous les temps, les navires puissent mouiller sans danger. D'après Oswald Heer, Madère aurait émergé pendant les âges quaternaires : c'est à ces temps de la planète que paraissent appartenir des lits de plantes fossilisées, découvertes sur le versant septentrional, et des amas prouigieux de coquilles terrestres se dressant en murailles près de l'extrémité orientale de File, au cap Nio-Lourenço. Des fossiles marins, que l'on a trouvés à 580 mètres d'altitude, datent de la période tertiaire".
M, Walker cite quelques faits qui témoignent d'un recul de la mer sur la côte de Funchal, et qui lui paraissent Findice d’un soulèvement récent du sol.
D'après Zicgler, la hauteur moyenne de l'ile de Madère, en la considé-rant comme une masse à surface horizontale, serait de STE mètres: mais la chaîne centrale est beaucoup plus élevée, Dans sa partie de l'ouest, de forme très régulière, elle dépasse 1200 mètres d'altitude, puis elle s'élargit et constitue un vaste plateau d'environ 19 kilomètres de tour, limilé par de brusques falaises : c’est le Paul da Serra ou le « Marais de la Montagne », haute lande dont les dépressions offrent quelques espaces Lourbeux rappelant aux visiteurs anglais les moors de leur patrie. A Fest du Paul da Kerra, la crête étroite, fortement découpée par les eaux, se prolonge entre les vallées profondes; à se dresse le point culminant de l'île, le Pie Ruivo ou le mont Rouge, haut de 1847 mètres et dominant un cirque immense, le Curral das Freiras, que de brusques escarpements ou des parois de 500 mètres de hauteur entourent de trois côtés : c'est à 1 Nouveaux Mémoires de la Société Helvétique des Sciences Naturelles, Zurich, 1857.