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IHAOUSSA, HE à Gando : des indigènes observateurs interrogés par Barth lui dirent que ln moyenne des jours de pluie à Gando serait de 92 par an ; d'après lui, la hauteur annuelle de la colonne pluviale dépasserait 2 mètres dans cette partie du versant nigérien, Pendant la saison des pluies il est extrêmement difficile de parcourir le pays: toutes les rivières débordent, les dépressions sont oceupées par des marais, les chemins détrempés se changent en fondrières, Grâce à sa végétation arborescente, là partie méridionale du basan de la rivière de Sokoto garde un aspect riant durant toute l'année, andis que la partie septentrionale du pays a, dans la saison des sécheresses, l'aspect le plus triste : en maints endroits, on n'a sous les veux qu'une savane brûlée, Dans les districts habités du Haoussa, comme dans le Sénégal, ce sont les laumariniers, les baobabs et les fromagers qui, par leurs dimensions et la majesté de leur port, donnent surtout son caractère au paysage, Le fromager était l'arbre sacré par excellence quand les habitants du Haoussa étaient encore paiens. On le voit surtout aux portes des cités : à sa base se faisaient les sacrifices et se tenaientles assemblées solennelles: son vaste branchage, Sélevant en dôme au-dessus des autres arbres, indique de loin la route aux voyageurs, Les trois espèces de palmiers qui dominent dans le nord de l'Afrique, mais en des régions distinctes, le dattier, le doûm, le deleb, se rencontrent iei en quelques cantons à côté les uns des autres. L'arbre à beurre est commun en certains districts du pays de Sokoto, et des provinces sont devenues fameuses par leurs forêts de doroa (parkia), l'arbre dont les graines, torréfiées et pilées, servent à fabriquer des tablettes qui ressemblent aux plaques de chocolat et fournissent un condiment très apprécié : un grand commerce de ces tablettes se fait des provinces boisées du sud aux districts du nord, où l'arbre est rare, et au bassin du Tadé, où il n'existe pas, Dans les forêts qu'abat la hache, le doroa, de mème que l'arbre à beurre, est toujours respecté, Le papayer, introduit on ne sait à quelle époque et probablement par la voie d'Égypte, ainsi que l'indique son nom, — gonda Masr', — se voit à côté de toutes les habitalions dans le Haoussa du sud ; mais le bananier, duquel on a dit, à tort, qu'il « suit le nègre à travers le Soudan tout entier? », manque dans l'espace d'environ 1000 kilomètres en largeur qui sépare l'Adamaoua du Gando ; il redevient très commun et donne d’excellents fruits dans la région occidentale du Haoussa. Le riz est la céréale par excellence dans tout ! Barth, ouvrage cité.
* Grisebach, La Végétation du Globe.
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