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38 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE,
lion des enfants qui meurent en bas âge est relativement minime; tou-
lefois la survivance des faibles aurait pour résultat d'amener un certain ahâtardissement de la race et dans les îles l'on ne verrait plus d'hommes qui puissent se comparer aux vigoureux paysans du Minho portugais. Quel-
ques épidémies font leur apparition de temps en temps. Les chroniques
parlent de « pestes » qui, de concert avec les pirates maures, dévastèrent
les colonies naissantes. Actuellement les fièvres gastriques et typhoïdes se promènent dans l'archipel, mais la distribution topographique des villes
et des villages est de nature à atténuer les effets de ces maladies, Ki ce
n'est dans les rares endroits où l'appel du commerce a fait naître des
agglomérations considérables, les demeures se suivent en longues rues
sur ? pourtour insulaire, toutes exposées à la bienfaisante influence de la
brise ivarine, Le médecin Bullar n’a constaté que deux eas de phtisie parmi
ses inal es . L'alimentation du paysan est en général fort simple, mais
fortifiante; le: Açoriens sont grands mangeurs d'un pain qu'ils préparent
avec la farine de maïs : il leur en faut en moyenne au moins deux kilo- grammes par jour et ils en prennent avec tous leurs autres aliments,
légumes, poissons et fruits. « Tout avec le pain, — fait l'homme sain, »
dit leur proverbe.
Les terres, si fertiles qu'elles soient, et quoique cultivées sur tout le pourtour des îles jusqu'à 500 mètres d'altitude, ne suffisent pas à l'en-
tretien de la population grandissante. La cause de cette pénurie de vivres
doit être attribuée surtout à la répartition de la propriété; lors du voyage
de Hunt, en 1840, le nombre des propriétaires ne représentait que la
trente-sixième partie des habitants adultes”, Bien que la loi ait supprimé
les majorats, l'ancienne division féodale s'est en grande partie maintenue :
l'île de San-Miguel appartient presque tout entière à une douzaine de
grands propriétaires comme aux premiers temps de la colonisation; plu- |
sieurs domaines comprennent une large bande de terrain <'étendant de la E
falaise marine aux cônes des voleans. Les fermiers possèdent, il est vrai, LE
le droit héréditaire de rester sur le sol cultivé et de vendre les améliora- E
tions qu'ils y ont faites; mais l'impôt annuel qu'ils ont à donner au pro- 4
priétaire représente une partie considérable, quelquefois la moitié du pro- LE
duit, Les petites propriétés ne sont pas nombreuses et les droits de vente,
de mutation et autres frais de justice qui les grèvent, lors d'un changement
de mains, en suppriment la valeur réelle pour le petit cultivateur : celui- D :
1 Winter in the Asores. 7
2 Journal of the Geographical Society of London . ;