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36 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE

Maria est celui qui se distingue le plus des autres par ses expressions

archaïques".

Quoique peu fanatiques de leur naturel, les Açoriens sont très religieux,

et les tremblements de terre, phénomènes encore moins expliqués pour eux

que pour les savants, — qui du moins discutent des hypothèses, — con-

tibuent à les maintenir dans ce sentiment de crainte que les théologiens

disent être le « commencement de la sagesse » ; les chants populaires des

Açores lémoignent de ces lerreurs. À chaque secousse, les habitants se

précipilent en foule dans les églises, M. Furtado raconte qu'à la suite d’un soulèvement agraire une vibration du sol renversa quelques maisons du

village de Povoacao ; aussitôt les gens effrayés se jetèrent à genoux dans les

rues, poussant de grands cris de repentir et demandant pardon aux pro-

priétaires, Les images miraculeuses sont visitées par d'innombrables pèle-

vins, et leurs sanctuaires s'enrichissent doffrandes : un Ecce Homo d'un

couvent de Ponta-Delgada est célèbre par ses prodiges dans tout Farchipel, mème au Portugal et au Brésil; jusqu'à des Maures, dit li chronique,

lui ont envoyé des présents. Malgré la ferveur religieuse des Açoriens, on

ne retrouve pas chez eux une aussi grande variété de superstitions que dans

la mère patrie, ce qui s'explique, pense M. Furtado, par à monotonie de

leur existence et l'uniformité des paysages qui les entourent : la pauvreté

de la flore et de la faune, absence de monuments anciens, un passé sans

histoire, telles sont les causes de leur infertilité d'imagination. Ce qu'ils

ont gardé de leurs ancêtres les Portugais est resté très profondément dans

leur esprit, mais leur évolution propre à été plus lente que celle de leurs compatriotes du continent, Toutefois des changements rapides s'accomplis-

sent actuellement chez les Açoriens dans leur conception du monde exté-

rieur : S'ils étaient naguère au nombre des humains qui vivaient le plus à

l'écart, la péclie de la baleine et l'émigration en ont fait de grands voya-

geurs : on rencontre maintenant parmi eux des milliers d'individus qui con-

naissent le Portugal, le Brésil, les Antilles, les îles Sandwich, les mers

areliques; peut-être nulle population d'insulaires ne renferme-t-elle une

aussi forte proportion d'hommes ayant fait le tour du monde.

Presque toujours, chez les campagnards de San-Miguel et des autres îles,

les mariages sont pure affaire de convenance et d'intérêts, Quelques traces

de l'ancienne reclusion des femmes se sontmaintenues dans la construction

des maisons et surtout dans le costume : enveloppées de grands manteaux,

les Acoriennes glissent comme des fantômes, Iexiste encore maint eapu-

1 Hunt, Journal of the Geographical Society of London, 1840.

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