91 NOUVELLE GÉOGRAPITE UNIVERSELLE, e
dans les Açores : elles représentent, avec six coléoptères, presque toute
la faune primitive". KSont-ce là les misérables restes d'une faune de
l'ancienne Atlantide, ou bien les humbles représentants d’une série animale purement açorienne, spontanée comme celle des Galapagos et autres îles
océaniques? IE ne serait point étonnant d'ailleurs que là flore et la faune
d'un ancien continent atlantique aient complètement disparu, quand même
des masses terrestres se seraient toujours maintenues au-dessus de l'eau à
l'endroit où s'élèvent actuellement les Açores, car les coulées de laves,
les jets de cendres, les effondrements et les explosions doivent avoir fréquemment remanié les races de plantes et d'animaux avec le sol mème
qui les portait. Même sur les rives les coquillages marins sont très rares :
on peut faire en maints endroits du littoral des promenades de plusieurs
licues sans en rencontrer un seul?. Quant à la grande faune marine, elle
est représentée surtout par les cétacés, marsouins, souffleurs, cachalots.
Les baleiniers américains qui poursuivent le physeter macrocephalus étaient
autrefois très nombreux dans les parages açoriens ; mais cet animal devient
de plus en plus rare :on en capture environ cent cinquante par an.
Lors des premières visites que firent les navigateurs italiens et portugais,
les Açores, si pauvres en espèces végétales et animales, étaient inhabitées
par l’homme. Les pionniers de la colonie établis à San-Miguel en 1###, par
Gonçalo Velho Cabral, furent «quelques Maures », chargés, pour ainsi dire,
d'essayer le climat et les ressources du pays pour les Portugais qui devaient
suivre, Plus tard, lorsque les fiefs des îles eurent été distribués à de grands
propriétaires, ceux-ci introduisirent avec les cullivateurs blancs un cer-
lain nombre d'esclaves noirs, dont le sang a fini par entrer pour une faible
part dans le torrent circulatoire de la population açorienne. Des juifs expul-
sés du Portugal au commencement du seizième siècle furent aussi con- damnés à l'esclavage et répartis en divers districts de San-Miguel. Des colons
flamands, amenés dans les îles du centre, au nombre de plusieurs milliers,
par le concessionnaire Jobst de Huerter, beau-père du cosmographe
Martin Behaim, donnèrent même leur nom, « Iles Flamandes », à tout
l'archipel, et Fayal reçut spécialement l'appellation de Nouvelle-Flandre.
En 1622 il y avait encore dans l'archipel açorien des familles néerlandaises ayant les traits distinetifs de leur race, maiselles ne parlaient plus que le
1 Godman, Natural History of the Aiores.
* Drouet, Mollusques marins des iles Açores,
.
MT ER LA Et
x D TT CE A
LE
Æ 33 #