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POPULATIONS DE LA SÉNÉGAMBIE. 229 précisément en face des Maures qui campent sur a rive droite, ils ont souvent gêné les marins de Saint-Louis à la remonte du fleuve, et S'ils n'avaient pas lé divisés entre eux, si mème ils n'avaient fait appel aux armes françaises pour se combattre les uns les autres, ileût été impossible aux Européens de conquérir le bassin du Kénégal : récemment encore leur Lrritoire était pays ennemi; les colonnes d'expédition ne pouvaient y péné-Wen qu'en force et non sans brûler quelques villages. C'est en So seulement, etaprès de Tongs efforts de diplomatie, qu'on à réussi à relier, à travers leur territoire, de Saldé à Bakel, les deux fragments du télégraphe de Gorée à Bamakou, sur le Niger, Au nord du Bakhoy et du Baoulé, dans le Kaurta, ce sont des conquérants loucouleurs qui interdisent maintenant aux Français l'accès de leur pays. Mais, st remuants qu'ils soient, si dangereux que puisse les rendre leur fanatisme musulman, les Toucouleurs n'en sont pas moins des plus utiles dans le bassin du Sénégal par leur espril d'initiative etleur amour du travail. Hs émigrent volontiers pour aller chercher fortune, soit en cultivant le sol, soit en ramant sur le fleuve ou en offrant des marchandises : des colonies entières de Toucouleurs se sont établies sur les bords de li Gambie pour y faire des plantations d'arachides, Ainsi la population de la Nénégambie française est très diverse et, grâce à la situation du pays aux confins de deux zones, les races pré-sentent de grands contrastes de couleur et d'origine, Au nord du Ké-néval sont les Berbères et les Arabes, confondus sous le nom de Maures: au sud les Foula, qui se disenteux-mêmes les «Rouges », S'interposent en une longue traînée de peuplades, à l'orient entre les Mandingues et les Soninké, du côté de la mer entre les Ouolof et les Serer, En outre, les Bambara où Bamana, dont le gros occupe les régions de Kaarta et de Ségou, constituentdes groupes nombreux dans le bassin du haut Sénégal, etchaque race S'entoure d'un cortège de populations métissées, Mais, si différentes que soient à maints égards les tribus de la Kénégambie française, elles se ressemblent par le développement historique et lorganisation sociale ; elles sont encore dans une période qui rappelle le moyen âge européen, La division du sol en de nombreux États, aux limites incessamiacat chanseantes, l'état normal de guerre qui règne entre les tribus et qu'interrompent parfois des trèves religieuses, les brusques péripéties de la fortune entre le brigandage et la royauté, les migrations en masse, les translormations soudaines de pays cultivés en déserts, a constitution de la Société en castes ennemies où du moins en corporations fermées, la cohahitation dans chaque village d'hommes libres et d'esclaves, diversement

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