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FLORE, FAUNE DES CABOVERDIENNES, 145 domestique où bêtes malfaisantes, comme les lapins et les rats, ont été jnportés par l'Européen, La pintade, dont les indigènes ne mangent point a chair, est extrèmement commune, et les mouettes tourbillonnent en nuces au-dessus des plages et des écueils : quelques îlots sont couverts d'épaisses couches de guano, réserve pour les agriculteurs des îles voines. Wollaston affirme que des serpents vivent dans les îles, mais les indigènes le nient et Doeller en a vainement cherché : le monde des repiles n'est représenté que par des lézards et des geckos; l'ilot Blanc (ilheo Branco), situé dans la rangée nord-occidentale des îles, entre Santa-Luzia et Süo-Nicolau, se distingue de toutes les autres terres de l'archipel par une faune particulière, On y trouve de grands lézards (macroscincus coctei), inconnus ailleurs, qui vivent d'herbes au lieu de manger des inseeles comme leurs congénères d’autres contrées, Des pulfins, oiseaux découverts dans l'ilheo Branco par les membres de l'expédition du Talisman, constituent aussi une espèce nouvelle’, L'ilot, encore imparfaitement exploré, renferme-t-1l d'autres formes animales qui lur appartiennent en propre? Quoi qu'il en soit, e'est un des faits d'histoire naturelle les plus curieux que l'existence de deux espèces originales dans le microcosme de l'ilot Blane. Cette roche volcanique perdue dans l'Océan aurait-elle eu sur les terres plus vastes de l'archipel le privilège d’être un centre de formation vitale, où bien serait-eile, au milieu des terres nouvelles, le débris d’un ancien continent?
Les mers de l'archipel sont extrêmement poissonneuses et parfois un seul coup de filet, jeté dans un bane tout grouillant de vie, suffit pour ramener des milliers d'individus; dans les profondeurs, là multitude des organismes est à peine moins considérable : d’un fond de 600 mètres la nasse du Talisman rapporta un millier de poissons et près de deux mille crevelles d'espèces différentes, Les poissons des îles caboverdiennes sufliraient amplement à l'alimentation des indigènes et à l'entretien d’un grand commerce d'exportation; mais les pêcheurs ont à prendre bien garde de rejeter dans Ta mer tous les poissons vénéneux qu'ils en retirent; il en existe un grand nombre et de fort redoutables dans ces mers tropicales *.
Les îles du Cap-Vert contrastent singulièrement avec celles des Açores par l'étonnante richesse de leur faune côtière, crustacés, gastéropodes et coquillages, Le corail, que l’on croyait naguère n’exister que dans la Méditerranée elque l'on à découvert depuis en diverses parties de l'Océan, croit sur les ! Perrier, Les explorations sous-marines ; — Parfait, Bulletin de la Société de Géographie de Rochefort, ASS5, n° 9, # Edouard Heckel, Journal officiel de la République française, AT septembre 1878.
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