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AGRICULTURE ET COMMERCE DES CANARIES, 107 dans l'île de Palma et aux alentours de Telde, dans Gran Canaria; les cigares des Canaries sont à peine moins estimés que ceux mêmes de la Havane, Quant aux plantes comestibles, celles que l'on cultive le plus dans l'archipel après les céréales sont les oignons et les pommes de terre, introduites directement du Pérou au commencement du dix-septième sièele!; des barques à voiles latines transportent ces produits en huit ou dix jours à Cuba et à Puerto-Rico : ce ne sont pas les denrées qu'on eût attendues de l'ile des Bienheureux”*. Les oranges, que Bory de Saint-Vincent croyait, à tort, originaires des îles Fortunées, y sont exquises, mais on n'en exporte uvre, La production agricole est insuffisante pour la population, qui augmente d'année en année et, quoique la vie soit peu coûteuse aux Canaries, grâce à la franchise des ports, l'émigration enlève à l'archipel un grand nombre de jeunes gens cherchant fortune; c'est ainsi que s'explique l'excédent si considérable de femmes que le recensement de 1877 a constaté dans les îles : on compta 150000 hommes, tandis que les femmes étaient au nombre de 150000, L'acclimatement est difficile, dit-on, pour les Canariens expatriés : habitués à la douceur et à l'égalité de leur climat, ils tombent facilement malades à l'étranger, La plupart se rendent à la Havane, d'où quelques-uns reviennent après richesse acquise, sous le nom d'« Indios », signifiant aux veux de leurs compatriotes qu'ils possèdent tous les trésors de l'Inde. Lorsque la Louisiane appartenait à V'Espagne, de 1765 à 1800, des Canariens s'y rendirent par milliers; mais dans ce pays où le travail se faisait principalement par des mains esclaves, les blanes qui s’abaissaient au travail manuel étaient tenus en grand mépris.

Presque tous ces immigrants, désignés par le nom d'Isleños ou Islingues, c'est-à-dire « Gens des Iles », s'établirent dans les terres basses du littoral, au milieu des bois, des savanes et des marais. Plusieurs de leurs colonies s'y sont maintenues jusqu'à nos jours, sans se fondre avec les autres habitants de l'Etat louisianais.

Des écueils et de petites îles commencent au nord-est la rangée des Canaries proprement dites. La première île, Alegranza, qui porte encore le nom génois qui la désignait sur les cartes du quatorzième siècle, ne mérite guère cette appellation : c'est une terre rochense et aride, formée de cen-! L. von Buch, ouvrage cité, # Christ, Frühlingsreise in den Canarischen Inseln: — Parfait, Bulletin de la Société de Géographie de Rochefort. 1882, IL.

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