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394 MONOGRAPHIE DES KHASSO.NK.É au front, aux joues, aux pommettes ; 3" lui perfora le lobe de l'oreille ; 4" lui tatoua en noir la lippe et les gencives.

11 convient de remarquer que toutes ces coutumes relatives au corps humain et que les marabouts font apparaître comme autant de prescriptions ordonnées par Dieu lui-même pour lui être agréable, sont pratiquées par la plupart des populations de l'Ouest africain alors même qu'elles ignorent l'islamisme et il n'est pas douteux, d'autre part, que ce n'est pas sous l'influence médiate de cette religion qu'elles les ont adoptées. Nous avons donc là un exemple très net de l'islamisation des coutumes autochtones par les marabouts : les jeunes élèves auxquels ils inculquent qu'il faut être circoncis et avoir le corps épilé parce que Dieu l'a ordonné, ne pratiquent plus ces coutumes parce que leurs ancêtres les pratiquaient, mais bien parce que la religion le prescrit : la coutume païenne se trouve ainsi transformée en un rite de puriiication islamique.

Il n'est pas moins intéressant d'observer qu'alors que la mutilation de l'homme est un rite qui le rend agréable à Dieu, la mutilation pareille de la femme n'est que le stigmate indélébile de la jaFousie : l'islam, tout naturellement d'ailleurs, consacre l'abaissement de la femme exactement comme la coutume indigène.

\'oici encore un conte qui montre comment les marabouts savent donner à leur propagande un tour parfaitement conforme à la mentalité indigène ; ce conte n'est, pour ainsi dire, que la parapiirasede cet aphorisme cité plus haut : inutile de te presser, tu auras ta part. L'on ne manquera pas de remarquer que contrairement aux contes d'origine indigène, qui eux ne formulent pas d'ordinaire de moralité, celui-ci — et ses pareils — porte une conclusion explicite.

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