Facsimile · p. 248
220 mono(;raphie des khasso.nké icale ; les indigènes islamisés retardent jusqu'après le rhamadan et les païens les imitent. Lorsque les circonstances sont jugées favorables, le chef de village, à l'instigation de quelques personnes intéressées, donne ce que l'on nomme lasigi-sinyalo : la « veillée d'assise », c'est-à-dire qu'il réunit les familles sur la place du village pour décider s'il y a lieu ou non de procéder à la cérémonie et, dans l'affirmative, en fixer la date.
Si l'on a décidé de procéder à la cérémonie, chacun pré-vient parents et amis et s'apprête en conséquence ; dès ce moment, il y a tous les soirs une « veillée » sur le béra, on l'annonce par des batteries spéciales de baringo (sorte de tambour), les jeunes gens surtout, garçons et filles, ne manquent pas de venir pour se divertir. Quelque temps avant le terme choisi a lieu un deuxième inyalo, dans lequel l'on procède à l'élection du hhamarin'-kunligo : chef des jeunes maîtres. C'est, pour l'ordinaire, un captif de case, qui a pour mission d'organiser la fête : pour un temps, ses décisions vont révolutionner les villages car, dans ces circonstances, ce sont les « jeunes maîtres » ikhamarin'), comme l'on appelle les jeunes gens non encore mariés, qui dominent. Aussi, les maris et les pères ont-ils soin de faire bonne garde contre ces noctambules, qui ont toutes les audaces et prennent tous les droits.
Le hhamarin' -kuntigo a charge d'organiser les divertissements et, à cet effet, il convoque, à tour de rôle ou simultanément, les jeunes garçons et les jeunes filles; il est de droit le médecin, sema, des circoncis ; sa fonction la plus délicate est de rechercher et d'engager les deux personnages importants nommés mama-dyombo et gankurango.
Excision des fillcltes. — Les familles s'entendent pour faire pratiquer cette opération le même jour. La fillette âgée de lo à i3 ans est assise sur une pierre; l'opératrice, une femme de forgeron, se place derrière elle