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l50 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ triomphe du bien, de la santé, delà vie; la victoire du mal est une atteinte à la félicité de l'homme, c'est la maladie, c'est la mort. On conçoit dès lors combien est impérieux le devoir qui s'impose à tous de dénoncer l'agent du mal.
Mais il ne suffit pas d'accuser, il faut juger; or, les faits du procès ne sont point du domaine commun, une vue pénétrante est nécessaire pour remonter des effets aux causes: d'où l'intervention des « voyants». Par des moyens connus d'eux seuls, ils proclament la culpabilité ou l'innocence et, de plus, s'attachent à guérir et la victime et le malfaiteur, quand le mal n'est pas incurable. Ce sont des docteurs au sens le plus large du mot et il n'est pas sans intérêt d'entrer dans quelques détails à leur sujet.
Il n'y a pas à proprement parler d'école où s'enseignent systématiquement les matières constituant le bagage scientilique de ces docteurs. Les plus fameux sont fils ou disciples de magiciens renommés : dans leKhasso, un certain Doukha-ba Siriman Sidibé avaitacquisunegrandecélébrité ; il habitait le Tomora, mais, en fait, il était en perpétuelle pérégrination dans le Khasso ; à sa mort, il eut pour successeur son fils, Laha Moussa, qui fut tué à Sabou-siré (1878). En général, toute leur science est faite d'observation des choses et des gens. La base de leur art, c'est la divination.
Il y a, comme l'on sait, un nombre infini de procédés divinatoires, tant il est vrai que toutes les voies conduisent à la vérité. Toutefois, la géomancie est fort répandue et très appréciée ; il ne semble pas douteux qu'elle ait été introduite par les marabouts. Le procédé ne vaut d'ailleurs que par l'inspiration de celui qui s'en sert.
Certaines pratiques n'ont d'autre but que de provoquer l'inspiration : telles les danses, les chants, tout cet ensemble que nous confondons sous le nom de tamtam. En voici un exemple.
Dans les cantons de Tringa et de Sorma, plus particulièrement, mais, en général, un peu partout, Ton trouve