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142 MONOGRAPHIE DES KHASSONRE se transformer, mais ils se nourrissent, se vélissent, se logent, possèdent, acquièrent, aiment et haïssent,... vivent, en un mot, d'une manière analogue à la notre. Ils meurent même, en abandonnant la forme qu'ils s'étaient complu à adopter dans leurs rapports avec nous.

Dans la conception indigène, le corps humain n'est que l'enveloppe [furé] périssable d'un esprit que, nous, nous appelons l'âme. L'âme, pour l'indigène, c'est la respiration [ni] qui cesse définitivement au moment de la mort ; c'est aussi quelque chose qu'il nomme dya, que la mort n'anéantit point et qui est comme le double du corps, car l'on appelle encore dya : tout à la fois l'image réfléchie par un miroir et l'ombre projetée par le corps. Le dya paraît être d'essence uniforme, puisque non seulement il vivifie les êtres humains, mais toute chose dans la nature: c'est pourquoi, sans doute, les magiciens peuvent renforcer le dya humain en transfusant dans le corps le dya d'un végétal, par exemple, comme en témoigne le fait rapporté plus loin au sujet du nommé Gran Dyallo ; ainsi, nous apparaît le principe sur lequel reposent la médecine et la magie indigènes.

L'âme humaine, — qui n'est, comme nous venons de le voir, qu'un esprit incarné — une fois libérée de la matière, reprend toute l'infiuence générale qu'un esprit peut exercer sur le monde des vivants et avec d'autant plus d'efficacité que, durant son séjour sur terre, elle aura exercé plus d'influence.

D'ailleurs, l'âme excorporée n'est point oublieuse: à ceux qui furent, dans la chair, ses parents, ses amis, ses ennemis, elle garde les mêmes sentiments auxquels elle associe ses parents et amis spirituels ; mais elle exige de ceux qui, sur terre, comptent sur son appui, un hommage continu ; si cet hommage lui fait défaut, elle s'éloigne d'eux, se désintéresse de leur sort et même, convenablement sollicitée, leur devient hostile.

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