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30 LA CHUTE DE KHARTOUM.
jamais donné d'ordres contraires aux usages militaires. Aucun avis du commandant n'a annoncé que les Mahdistes devaient donner l'assaut.
Le jour de l'assaut, la vigilance fut la même que les autres jours.
Ce sont des Bédouins qui ont dit au témoin que la porte de la ville avait été ouverte sur l'ordre de Farragh-Pacha.
Il ne connaît pas les noms de ces Bédouins.
L'ennemi n'est pas entré par la porte, mais par le Nil Blanc, piès de la position occupée par le témoin.
Le point non retranché sur le Nil Blanc mesurait environ cent cinquante mètres.
Gordon-Pacha l'avait vu et n'avait rien dit.
Depuis cinq jours (avant le jour de l'assaut) les soldats n'avaient plus de pain à manger. On ne mangeait que de la gomme. Avant, ils recevaient cent grammes de pain par jour.
Après les ânes et les chiens, ils ont tout mangé — même leurs propres jambes [sic). La ville mourait de faim.
Par suite de la famine, les soldats n'avaient plus la force de rien faire. Ils restaient quatre, cinq, dix jours sans distribution de vivres.
Quelques jours avant la chute de Khartoum (et on ne résistait que dans cet espoir), on croyait que les Anglais arrivaient enfin. Depuis deux semaines les soldats et les assiégés ressemblaient à des ombres.
Il n'a jamais, et en aucun cas, vu Hassan-Bey, qui était loin de lui.
Des officiers supérieurs inspectaient la ligne chaque soir.
Il y a eu inspection la nuit même de la chute de la