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131 communique avec la mer par un canal dont l'embouchure s'appelle Famo 'l-Wadi (embouchure du fleuve). Ce lac n'existait pas anciennement, mais on le creusa dans la terre ferme de manière à l'amener jusqu'auprès de Tunis, ville qui, comme nous venons de le dire, est distante de la mer de 6 milles. 112 La largeur de ce canal creusé est d'environ 40 coudées ; sa profondeur de 3 à 4 toises, fond de vase. La longueur du creusement auquel on donne le nom de fleuve est de 4 milles. Lorsqu'on y introduit les eaux de la mer, elles s'élèvent au-dessus du niveau de la hauteur d'environ un quart de toise; puis elles devinent stationnaires. A l'extrémité du canal, sa surface s'agrandit et sa profondeur augmente. On appelle ce lieu Waccour (lieu de chargement?); c'est là que jettent l'ancre les navires de transport, les galères et les bâtiments de guerre; l'excédant des eaux introduites dans le canal creusé atteint la ville de Tunis qui est bâtie sur les bords du lac, mais les vaisseaux n'y parviennent pas. On les décharge à Waccour au moyen de petites barques susceptibles de naviguer à plus basses eaux; même l'introduction des navires de la mer dans le canal et jusqu'à Waccour ne peut avoir lieu qu'un à un, attendu le défaut d'espace. Une partie du lac s'étend vers l'ouest, en sorte que ses rives de ce côté ne sont qu'à 2 milles de Carthage, tandis qu'on en compte 3 et demi de l'embouchure du lac à cette même ville.
Carthage est actuellement ruinée, il n'y a qu'une seule partie élevée qui soit habitée. Ce quartier qui se nomme al-Mo'allaca est entouré d'un mur en terre et occupé par des chefs d'Arabes, connus sous le nom de Banou Ziyâd. Au temps où elle florissait, cette ville était l'une des plus renommées du monde, à cause de ses étonnants édifices et de la grandeur de puissance qu'attestaient ses monuments. On y voit encore aujourd'hui de remarquables vestiges de constructions romaines, et par exemple le théâtre, qui n'a pas son pareil en magnificence dans