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201 soit sous celui du commerce du poisson. On en compte environ cent espèces différentes, et l'on se livre particulièrement à la pêche du gros poisson qui s'appelle le thon et qui e multiplie beaucoup dans ces parages. On le prend au moyen de harpons munis à l'extrémité de crochets saillants qui pénètrent dans le corps du poisson et n'en sortent plus. Le bois du harpon est garni de longues ficelles de chanvre. Ces pêcheurs sont tellement exercés et tellement habiles dans leur métier, qu'ils n'ont au monde point de rivaux.
On pêche également aux environs de Ceuta du corail dont la beauté surpasse ce qu'on peut voir de plus admirable en ce genre dans toutes les autres mers. Il s'y trouve un bazar où l'on s'occupe à tailler, à polir, à arrondir, à percer et enfin à enfiler lo corail. C'est un des principaux articles d'exportation; la majeure partie en est transportée à Ghâna et autres villes du Soudan où l'on en fait grand usage.
On compte 12 milles de Ceuta à Cacṛ Macmouda (Alcazar), châ-teau considérable sur le bord de la mer, où l'on construit des navires et des barques destinés à passer ceux qui veulent se rendre en Espagne. Ce fort est bâti sur le point do la côte le plus voisin de l'Espagne.
De Cacṛ Macmouda à Tanger, on compte 20 milles en se dirigeant vers l'ouest. Cette dernière ville est très ancienne et a donné son nom à tout le pays environnant. Bâtie sur une haute montagne qui domine la mer, ses habitations sont situées à mi-côte et s'étendent jusqu'au rivage. Cette ville est jolie : ses habitants sont commerçants et industrieux. On y construit des navires et le port est très fréquenté. La plaine qui touche au territoire de Tanger est très fertile et habitée 169 par des Berbers appartenant à la tribu de Çanhadja.
A partir de Tanger, la mer Océane forme un coude et, se dirigeant vers le midi, atteint le pays de Tochonmoch dont le chef-lieu fut autrefois considérable. Entourée de murs en pierre, cette ville est aa