Facsimile · p. 410
228 hauteur des édifices, la beauté des environs, et la fertilité des campagnes arrosées par le grand fleuve qu'on nomme le Tage. On y voit un aqueduc très-curieux ¹), composé d'une seule arche au-dessous de laquelle les eaux coulent avec une grande violence et font mouvoir, à l'extrémité de l'aqueduc, une machine hydraulique qui fait monter les eaux à 90 coudées de hauteur; parvenues au-dessus de l'aqueduc, elles suivent la même direction (littéral. elles coulent sur son dos) et pénètrent ensuite dans la ville.
A l'époque des anciens chrétiens, Tolède fut la capitale de leur empire et un centre de communications. Lorsque les musulmans se rendirent maîtres de l'Andalousie, ils trouvèrent dans cette ville des richesses incalculables, entre autres cent soixante-dix couronnes d'or en-188 riches de perles et de pierres précieuses, mille sabres royaux et ornés de bijoux, des perles et des rubis par boisseaux, quantité de vases d'or et d'argent, la table de Salomon, fils de David, qui, dit-on, était faite d'une seule émeraude et qui est actuellement à Rome.
Les jardins qui environnent Tolède sont entrecoupés de canaux sur lesquels sont établies des roues à chapelet destinées à l'arrosage des vergers, qui produisent, en quantité prodigieuse, des fruits d'une beauté et d'une bonté inexprimables. On admire de tous côtés de beaux domaines et des châteaux bien fortifiés.
A quelque distance, au nord de la ville, on aperçoit la chaîne des hautes montagnes dites ach-Chàràt (Sierras), qui s'étendent depuis Medinaceli jusqu'à Coimbre, à l'extrémité de l'occident. Ces montagnes nourrissent quantité de moutons et de bœufs, que les marchands de bétail expédient au loin. On n'en trouve jamais de maigres; au contraire ils sont tous extrêmement gras; c'est un fait proverbialement ré-pandu dans toute l'Espagne.
Non loin de Tolède est un village connu sous le nom de Maghâm, 1) Il y avait autrefois un aqueduc romain a Pest de Tolède, voyez Madoz, XIV, p. 531.