Facsimile · p. 380
258 Le nombre des nefs couvertes est de dir-neuf. Celui des colonnes, je veux dire celles de la partie couverte, est de mille, tant grandes que petites, en y comprenant celles qui soutiennent la kibla¹) et celles qui soutiennent la grande coupole²). Celui des candélabres, destinés à l’illumination, est de cent treize. Les plus grands supportent mille lampes, et les plus petits douze.
Le plancher supérieur de cet édifice se compose de plafonds de menuiserie fixés au moyen de clous sur les solives de la toiture. Tout le 209 bois de cette mosquée proviennent des pins de Tortose³). La dimension de chaque solive est, savoir : en épaisseur, sur une face⁴), de 1 grand empan; sur l’autre face, de 1 empan moins 3 doigts ; et en longueur, de 37 empans.
Entre une solive et l’autre il existe un intervalle égal à l’épaisseur d’une solive. Les plafonds dont je parle sont entièrement plats et revêtus de divers ornements hexagones ou ronds; c’est ce qu’on appelle faç (mosaïques) ou dawâyir (cercles). Les peintures ne sont point semblables les unes aux autres, mais chaque plafond forme un tout complet sous le rapport des ornements qui sont du meilleur goût et des couleurs les plus brillantes. On y a employé en effet le rouge de cinade 620 pieds de long sur 440 de largo (de Laborde, Description de l’Espagne, II, p. 7; Mados à l’article Córdou), mais l’édifice a subi bien des changements depuis qu’il a été converti en cathédrale.
1) Cette partie de la mosquée qui se trouve dans la direction de la Mecque, et qui contient le mährâb (la niche) et le mimbar (la chaire).
2) Quelques auteurs arabes portent le nombre des colonnes jusqu’à 1400; aujourd’hui on n’en compte plus que 850 (de Laborde, Mados), on environ 900, d’après M. le baron de Schack (Poesie und Kunst der Araber in Spanien und Sicilien, II, p. 188). Au reste, les auteurs arabes qui donnent la description de la mosquée de Cordoüe, diffèrent beaucoup entre eux; voyez Makkari, I, p. 858 et suiv.; le passage qu’on trouve p. 267 se rapproche le plus de la description d’Edrisi, non-seulement pour ce qui concerne la mosquée, mais aussi pour ce qui se rapporte à la ville et au pont. 3) Comparez plus haut, p. 231. 4) Dans le texte il faut lire, avec le man. A., حُذْ.